Affaire St-Louis : la BAD refuse de soumettre le rapport d’enquête à l’ICAC

La Banque Africaine de Développement (BAD) refuse de remettre une copie du rapport d’enquête sur l’affaire des allégations de fraude et de corruptions portant sur l’achat de 4 turbines au coût de Rs 4,3 milliards pour la Centrale électrique de Saint Louis à l’ICAC, apprenons-nous des sources bien informées. Il nous revient qu’il a été demandé à l’ICAC de se tourner vers la firme Burmeister & Wain Scandinavian Contractor (BWSC), à qui le contrat a été alloué pour en obtenir une copie.

Par conséquent, la question se pose: pourquoi la BAD refuse-t-elle une copie du rapport d’enquête à l’ICAC? Entre-temps, l’ICAC mène son enquête en vue de faire la lumière sur le projet initial de l’achat de quatre turbines au coût de Rs 3, 6 milliards qui a augmenté à Rs 4,3 milliards par la suite, faisant une différence de Rs 700 millions. 

A la lumière du communiqué de la BAD, émis le 8 juin, il est affirmé que la banque a pris la décision d’exclure la firme BWSC pour une période de 21 mois pour “pratiques passible de sanctions dans le cadre d’un projet de production d’électricité à Maurice”.

“Exclusion de 21 mois”

Le Groupe de la Banque africaine de développement, ce 8 juin 2020, a annoncé qu’en vertu d’un “accord négocié, la Banque africaine de développement impose une période d’exclusion de 21 mois à Burmeister & Wain pour pratiques passible de sanctions dans le cadre d’un projet de production d’électricité à Maurice.” 

“En 2014 et 2015, Burmeister & Wain a participé à des appels d’offres pour le redéveloppement de la centrale électrique de Saint Louis à Maurice financé par la Banque. Une enquête menée par le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption de la Banque a révélé que l’entreprise s’est vraisemblablement livrée à des pratiques de fraude et de corruption dans le cadre de ce projet : des preuves prépondérantes soutiennent une conclusion selon laquelle Burmeister & Wain aurait récompensé financièrement des membres de l’administration mauricienne et autres, par le biais d’intermédiaires, pour accéder à des informations confidentielles et pour avoir été permis d’adapter les spécifications techniques du cahier de charges du marché à son offre. Burmeister & Wain aurait ainsi obtenu un avantage concurrentiel indu”, écrit la BAD. Il est souligné qu’en outre, l’entreprise aurait manqué de déclarer l’accord passé avec ses intermédiaires en infraction des règles de passation de marché de la Banque.

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“En 2014 et 2015, Burmeister & Wain a participé à des appels d’offres pour le redéveloppement de la centrale électrique de Saint Louis à Maurice financé par la Banque…”, souligne le communiqué de la BAD.

Plus loin, le communiqué stipule: “En imposant une exclusion de 21 mois, le  Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption a tenu compte de la coopération substantielle de Burmeister & Wain à l’enquête, la transparence avec laquelle l’entreprise a traité les inconduites, ainsi que les améliorations apportées à son programme de conformité depuis la découverte des pratiques passibles de sanctions. La Banque lèvera l’exclusion à l’échéance de la période d’exclusion sous réserve d’une vérification du programme de conformité de l’entreprise.”

BWSC: cinq employés licenciés…

Selon nos renseignements, la BWSC a pris déjà des actions au niveau de l’entreprise. Outre la mise à pied de cinq employés, deux autres cas ont été référés à la police danoise.

Pour rappel: au niveau de Maurice, dans un premier temps, le General Manager, Shamsheer Mukoon a été suspendu de ses fonctions. Le  Premier ministre Jugnauth a tranché dans le vif  dans la soirée du 13 juin en révoquant le Board du CEB dans son ensemble. Cela à l’issue d’une réunion qu’il a eue avec ses proches collaborateurs.

De son coté, le Deputy Prime Minister et ministre de l’Energie et des Services publics, Ivan Collendavelloo est monté au créneau, au Parlement, le 16 juin, pour s’expliquer longuement sur les allégations de fraude et de corruptions qui pèsent sur lui concernant l’achat de 4 turbines auprès de la firme BWSC au coût de Rs 4,3 milliards. Il a réglé ses comptes avec l’opposition MMM, dont Paul Bérenger et Rajesh Bhagwan à l’Assemblée Nationale, ainsi qu’avec l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam.

Des documents à l’appui, Ivan Collendavelloo a maintenu que les maldonnes remontent à 2014. Il a soutenu que toutes les rencontres et autres négociations ont eu lieu au cours de la période, oû il n’était pas encore ministre. Au moment des faits, le Bid Evaluation Committee avait trouvé plusieurs zones d’ombre autour de l’appel d’offre: «They have found that there were tricks and material diversion in the report, the bid from BWC is not corresponding and not complying.»

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